Gestion d’écurie

Travailler avec les écoles et les centres de loisirs

Entre 9 h et 16 h, du lundi au vendredi, une écurie de club tourne presque à vide : les cavaliers sont au travail ou en classe, les chevaux au pré, les installations inutilisées. Ce sont les heures les moins chères à produire et les plus faciles à vendre — à condition de s’adresser aux seules personnes disponibles à ce moment-là. Les écoles et les accueils de loisirs.

Par Tom Guillemin · · 5 min de lecture

Pourquoi c’est le créneau le plus rentable de la semaine

Un cours du mercredi soir se dispute à tous les autres cours du mercredi soir. Un cycle scolaire du mardi matin ne se dispute à rien : personne d’autre ne veut ce créneau.

  • Vos charges tournent déjà. Les chevaux sont là, le manège est là, le moniteur est souvent là pour d’autres tâches. La marge sur ces heures est la meilleure de votre semaine.
  • Le volume est garanti d’avance. Un cycle, c’est huit à douze séances signées en une fois, payées par une structure et non par vingt familles.
  • C’est le meilleur canal de recrutement qui existe. Trente enfants découvrent l’écurie ; quelques-uns reviendront avec leurs parents, et ceux-là s’inscrivent à l’année.
À retenir

« Les écoles » n’est pas un client, c’est deux clients. Le temps scolaire et l’accueil de loisirs n’ont ni le même cadre, ni le même interlocuteur, ni le même calendrier. Les confondre est ce qui fait perdre six mois.

Le cycle scolaire : comment ça marche vraiment

L’équitation peut faire partie de l’éducation physique et sportive d’une classe, sur le temps de classe. Le cycle se déroule alors dans un cadre précis :

  • L’enseignant reste responsable de sa classe et de l’organisation pédagogique. Vous n’êtes pas là pour faire l’école : vous apportez une compétence technique dans un projet qui n’est pas le vôtre.
  • L’intervenant extérieur doit être agréé par les services départementaux de l’Éducation nationale, en plus de son diplôme professionnel et de sa carte professionnelle à jour.
  • Le projet est écrit avant de commencer : objectifs, nombre de séances, organisation, sécurité.

Les modalités exactes de l’agrément et les taux d’encadrement varient selon le département et le niveau des classes. Le bon réflexe est d’appeler le conseiller pédagogique EPS de la circonscription avant même de démarcher une école : il vous dira ce qui est attendu chez vous, et son avis compte plus que n’importe quelle brochure.

Le calendrier, lui, est implacable : un cycle se décide au printemps pour l’année suivante, parfois dès février. Démarcher une école en septembre, c’est démarcher pour septembre prochain.

Les accueils de loisirs : un autre cadre, un autre rythme

Centres de loisirs, ALSH, services jeunesse municipaux, colonies : ici, pas d’école. La structure encadre ses mineurs selon ses propres règles d’accueil collectif, et vient acheter une prestation chez vous.

Les différences qui comptent :

  • La décision est plus rapide — quelques semaines, parfois quelques jours pour combler un mercredi.
  • Les animateurs restent avec le groupe, ce qui change beaucoup la gestion des vingt enfants qui ne sont pas à cheval.
  • Les créneaux tombent sur mercredi et vacances, donc en concurrence avec vos propres cours et stages. Vérifiez que vous ne vendez pas deux fois la même heure de cheval.
  • Les budgets sont votés, souvent à l’automne pour l’année civile. Se faire connaître en octobre, c’est exister dans le budget de janvier.

Ce que vingt enfants d’un coup exigent de vous

C’est ici que les partenariats se gagnent ou se perdent, et ce n’est jamais une question d’équitation.

  • Les chevaux et poneys adaptés, en nombre. Un groupe scolaire suppose des tailles variées et des caractères sûrs : ce ne sont pas vos chevaux de club les plus intéressants, ce sont les plus tolérants.
  • Les bombes. Vingt casques aux bonnes tailles, désinfectables, en bon état. C’est le premier point que vérifient les accompagnateurs, et le premier qui fait mauvaise impression.
  • Une organisation en ateliers. Six enfants à cheval, six au pansage, six à la théorie, et on tourne. Une séance où quatorze enfants attendent leur tour est une séance ratée.
  • Un abri et des toilettes. Banal, décisif : une sortie qui se passe sous la pluie sans abri ne se reconduit pas.

Prévoyez aussi ce qui se passe s’il pleut. Une séance de repli — soins, matériel, théorie, découverte du cheval — vaut mieux qu’une annulation, pour vous comme pour la classe qui a affrété un car.

Le prix : ne bradez pas parce que c’est une école

La tentation est forte, et l’erreur est double. Ces heures coûtent à produire comme les autres, et un prix cassé la première année devient la référence pour toutes les suivantes.

Facturez au cycle, pas à l’enfant : la structure veut un montant global qu’elle peut inscrire à son budget, pas une addition variable selon les absents. Partez de votre coût horaire réel — heures de cheval, heures d’encadrement chargées, part de charges de structure — et ajoutez votre marge. La méthode complète vaut exactement de la même façon ici.

Prévoyez trois points au contrat, parce que ce sont les trois qui fâchent :

  • Le nombre de séances et les dates, arrêtés à l’avance.
  • Ce qui se passe en cas d’annulation, de leur fait et du vôtre.
  • Le délai de paiement. Une collectivité paie à trente ou soixante jours : prévoyez-le dans votre trésorerie plutôt que de le découvrir.

Comment démarcher, concrètement

Pas de courrier type envoyé à trente établissements — il finit dans la même corbeille que les autres.

  1. Appelez d’abord le conseiller pédagogique EPS de la circonscription, ou le service jeunesse de la commune. Vous saurez ce qui se fait déjà, et ce qui manque.
  2. Visez les écoles à moins de vingt minutes. Le transport est le premier obstacle d’un cycle scolaire, et il est souvent le vrai motif d’un refus.
  3. Proposez une séance de découverte à une classe. Une directrice qui a vu ses élèves à l’écurie signe ; une directrice qui a lu une plaquette réfléchit.
  4. Préparez une fiche d’une page : ce que vous proposez, pour quel âge, combien de séances, quel tarif, quelles installations, quelles assurances. Pas trois pages.

Et gardez le contact hors saison. Le partenariat se décide six mois avant : celui qui est présent en février l’emporte sur celui qui appelle en juin.

Transformer la sortie en inscriptions

C’est le vrai bénéfice, et il ne tombe pas tout seul :

  • Remettez quelque chose à chaque enfant le dernier jour — pas une publicité, ce qu’il a appris, et les créneaux qui correspondent à son âge.
  • Invitez les parents à la dernière séance. Trente minutes suffisent, et c’est là que la décision se prend.
  • Proposez une porte ouverte le samedi suivant. Le lien est encore chaud ; un mois plus tard, il ne l’est plus.

Dans MonHaras, un cycle se crée comme une série de séances réservée à un groupe, avec son créneau, sa cavalerie affectée et sa facturation à la structure : les heures de cheval sont décomptées de votre plafond comme les autres, ce qui évite de vendre deux fois le même poney. Voir les fonctionnalités côté écurie · construire son planning.

Questions fréquentes

Faut-il un agrément pour intervenir dans une école ?

Oui. Sur le temps scolaire, l’intervenant extérieur doit être agréé par les services départementaux de l’Éducation nationale, en plus de son diplôme professionnel et de sa carte professionnelle à jour. L’enseignant, lui, reste responsable de sa classe et de l’organisation pédagogique. Les modalités exactes et les taux d’encadrement varient selon le département : appelez le conseiller pédagogique EPS de la circonscription avant même de démarcher une école.

Quelle différence entre un cycle scolaire et un accueil de loisirs ?

Ce sont deux clients distincts. Le cycle scolaire se déroule sur le temps de classe, suppose un agrément et un projet écrit, et se décide au printemps pour l’année suivante — parfois dès février. L’accueil de loisirs achète une prestation, décide en quelques semaines, garde ses animateurs avec le groupe, et occupe des mercredis et des vacances qui entrent en concurrence avec vos propres cours. Les confondre fait perdre six mois.

Comment facturer une école ou une collectivité ?

Au cycle, pas à l’enfant : la structure veut un montant global qu’elle peut inscrire à son budget, pas une addition qui varie selon les absents. Partez de votre coût horaire réel et ajoutez votre marge — ces heures coûtent à produire comme les autres. Prévoyez au contrat le nombre de séances et les dates, ce qui se passe en cas d’annulation de part et d’autre, et le délai de paiement : une collectivité règle souvent à trente ou soixante jours.

Quand faut-il démarcher les écoles ?

Bien plus tôt qu’on ne le croit. Un cycle scolaire se décide au printemps pour la rentrée suivante, parfois dès février : démarcher en septembre, c’est démarcher pour septembre prochain. Les budgets des collectivités, eux, se votent souvent à l’automne pour l’année civile — se faire connaître en octobre, c’est exister dans le budget de janvier.

Que faut-il prévoir pour accueillir vingt enfants ?

Rien qui relève de l’équitation, et c’est là que les partenariats se perdent : des poneys tolérants en tailles variées, vingt casques aux bonnes tailles en bon état, une organisation en ateliers pour que personne n’attende son tour, un abri et des toilettes. Prévoyez aussi une séance de repli en cas de pluie — une classe qui a affrété un car ne peut pas repartir sans rien.